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Princess Zahra interview by Le Figaro

Date: 
Sunday, 2018, February 18
Location: 
Source: 
lefigaro.fr
Hazar Imam with Princess Zahra at Gouvieux, Chantilly

REPORTAGE - Mondialement connu pour la passion qu'il voue aux chevaux de course, le prince héritier de la dynastie des Hassan est aussi un homme d'affaires avisé. Chef spirituel des ismaéliens, cet imam professe un islam modéré. Il célèbre jusqu'en juillet son jubilé de diamant.

A Chantilly, en 1999, l'Aga Khan et son jockey Gérald Mossé, vient de remporter le Prix de Diane, avec la pouliche Daryaba.
Cet homme est en mouvement perpétuel autour de la terre. Un voyageur itinérant, mais avec room service 5 étoiles, une armada de garçons d'étage. Le voilà, comme il se doit, entre un atterrissage et un décollage: «Papa est rentré du Portugal hier soir. Je suis arrivé ce matin de Genève», explique sa fille Zahra, qui le retrouve ce soir-là dans leur propriété d'Aiglemont, tout près de Chantilly. Le lendemain, le prince aux 81 printemps repartira dans son jet vers Douchanbé, capitale du Tadjikistan. Ses valises soigneusement l'attendent déjà. Une dizaine de personnes l'accompagneront pour veiller au moindre détail. Tout est huilé, silencieux, invisible. Pour l'approcher, il faut convaincre ses nombreux conseillers qui tentent de désarmer toute curiosité mal placée. Car la communication de Son Altesse, toujours très ciblée et cloisonnée, est tout sauf ostentatoire. Elle le protège comme il convient à un chef spirituel, mais aussi à ses fidèles dispersés aux quatre coins du monde, un peuple de confession ultraminoritaire qui cherche à se fondre dans le paysage. «Pour être efficace, il faut souvent ne pas se faire remarquer», nous confie Son Altesse en détachant chaque syllabe pour marteler l'importance de son message.

Tout est donc fait pour que l'Aga Khan se concentre sur ses missions principales: la relation avec sa communauté de fidèles dans le monde et la géopolitique humanitaire. «Les rapports avec le Tadjikistan sont

bons, on a un programme dans la santé à Kaboul qui marche bien, et maintenant les Tadjiks veulent qu'on aille chez eux», glisse Son Altesse en français. À Aiglemont, on trouve les écuries du prince et les bureaux de sa Fondation. Le cadre est luxueux, mais fonctionnel. Des maisons à taille humaine ouvrent leurs larges fenêtres sur des pelouses soignées, dans lesquelles les petits et grands bâtiments de pierre picarde se fondent parmi les arbres dans un silence parfait. Au détour d'un virage, on tombe sur un centre d'entraînement fraîchement repeint d'un vert foncé équestre. C'est là que se trouvent les chevaux de course du prince. «Mon père est beaucoup plus dans son avion que sur un cheval», souligne Zahra, sous l'œil approbateur de son père.

Le prince, jeune, un peu moins dandy que ne l'était son père, a des faux airs de Sean Connery. Fossettes charmeuses et manières suaves, il n'a rien d'un seigneur d'Asie centrale.
Cela ne l'empêche pas de toujours suivre le déroulement des courses où ses chevaux sont engagés. Il connaît en général leur arbre généalogique sur le bout des doigts, en remontant jusqu'aux arrière-grands-parents. «Il y en a beaucoup qui connaissent ça mieux que moi. La meilleure sur ce sujet est la reine Elisabeth, qui peut remonter jusqu'à six générations. Je pense que c'est sa seule vraie passion, on ...


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